Bourse Sciences et Arts Jean-Baptiste Charcot 

Lauréat 2026

DRAWING ANTHROPOLOGY

Le projet

Le projet Drawing Anthropology est une série de dix pastilles vidéos, c’est-à-dire de vidéos courtes destinées à la diffusion sur le réseau social Instagram. Les sujets abordés concernent les compétences de spatialité telles qu’observées et analysées par Chloé lors de ses terrains de recherche au Nunavik au sein de la Maison de la Famille Qarmaapik à Kangiqsualujjuaq. C’est-à-dire les savoirs et savoirs-faire mobilisés par les individus pour interagir avec l’espace, le comprendre, l’aménager, le contrôler, le traverser, l’habiter, etc. Il s’agit de comprendre quelles sont les règles implicites des Inuit pour créer un

espace dans un cadre bâti allochtone, importé avec la colonisation. A partir d’événements du quotidiens tels que franchir la porte d’entrée, s’asseoir à table ou s’installer pour coudre, nous racontons comment ces gestes prennent sens dans un contexte post-colonial marqué par la récente sédentarisation des Inuit. Nous en explorons les dimensions culturelles et sociales : les habitudes, les règles implicites et les manières d’être ensemble qui les façonnent. Les rapprocher de pratiques similaires observées ailleurs dans le monde permet au spectateur de se reconnaître, et de percevoir les écarts. Ce jeu de miroir inscrit ainsi cette expérience locale dans une réflexion plus large sur la riche diversité des façons de vivre, de partager l’espace et de faire société.

Présentation du binôme

Chloé Le Mouel

Chloé Le Mouel est une jeune chercheuse française dont le parcours se déploie à la rencontre de l’architecture et de l’anthropologie. Formée d’abord comme architecte à l’INSA de Strasbourg, elle s’intéresse très tôt à la manière dont les espaces façonnent les relations humaines. Désireuse d’approfondir cette réflexion, elle se tourne vers l’anthropologie à l’Université de Strasbourg, afin d’explorer plus finement les liens entre formes bâties, cultures et manières d’habiter.

Ses recherches l’ont conduite jusqu’au Nunavik, dans le nord du Québec, où elle travaille avec des communautés inuit. À travers une démarche attentive et collaborative, elle s’intéresse aux façons dont les habitants conçoivent, transforment et s’approprient leurs espaces de vie. Elle a notamment étudié la Maison de la famille Qarmaapik, à Kangiqsualujjuaq, un lieu singulier à la croisée du domestique et du collectif, qui soutient les liens sociaux, le partage et les pratiques de soin au sein de la communauté.

Son travail propose une approche sensible de l’architecture, pensée comme un espace vivant, façonné avec celles et ceux qui l’habitent.

Aurélie Quintard

Diplômée de Gobelins, elle travaille d’abord en studio sur des longs métrages d’animation, avant de développer une pratique indépendante en illustration.

Au gré des projets, elle explore et apprivoise un large éventail de techniques picturales, avec une prédilection pour les médiums traditionnels: aquarelle, gouache, encres, huile etc. Mais le dessin est la colonne vertébrale de son travail. Tour à tour outil d’observation du réel ou de construction narrative, il façonne son rapport au monde en même temps qu’il l’enrichit. Elle travaille aujourd’hui dans son atelier à Strasbourg.

Nous deux

Chloé a une sensibilité au dessin, qu’Aurélie lui a enseigné et qu’elle utilise comme outil de recherche sur le terrain. Aurélie est acculturée à la sociologie. Nous nous sommes rencontrées en 2017 dans le cadre d’un atelier organisé par l’association des étudiants en anthropologie de l’Unistra autour du dessin d’observation comme outil de terrain. Toutes deux, nous collaborons au projet Drawing Anthropology car nous portons ce même désir de trouver un medium de vulgarisation scientifique, à partir de nos univers et compétences propres, qui se rencontrent sur de nombreux points.